Qui peut encore transporter les rêves ?

Le monde moderne est une machine exigeante qui impose son rythme implacable et nous entraîne sans cesse dans sa course folle.  Parfois cependant, nous réussissons à lui échapper.  Le moment de calme et de plaisir dont nous nous emparons peut revêtir bien des formes différentes les unes des autres.     

Le plus souvent, cependant, il ne nous faut que peu de choses pour retrouver le chemin de nos forces et de notre équilibre.  Un instant simple, à une parenthèse de paix et de joie partagée avec ceux que nous aimons et nous voilà déjà métamorphosés.  Davantage présent et à l'écoute, nous pouvons à nouveau penser un peu à nous, réfléchir et voir le monde avec un regard neuf.

C'est alors que nous sommes plus attentifs qu'une grande vérité se fait à nouveau entendre.  Une vérité forte et profonde qui tient en quelques mots seulement.  Nous...

Tu fais une chose excellente et qui te sera salutaire si, comme tu l'écris, tu marches avec persévérance vers cette sagesse qu'il est absurde d'implorer par des vœux quand on peut l'obtenir de soi. Il n'est pas besoin d'élever les mains vers le ciel, ni de gagner le gardien d'un temple pour qu'il nous introduise jusqu'à l'oreille de la statue, comme si de la sorte elle pouvait mieux nous entendre ; il est près de toi le Dieu, il est avec toi, il est en toi.

 

Oui, Lucilius, un esprit saint réside en nous, qui observe nos vices et veille sur nos vertus, qui agit envers nous comme nous envers lui. Point d'homme de bien qui ne l'ait avec soi. Qui donc, sans son appui, pourrait s'élever au-dessus de la Fortune? C'est lui qui inspire les grandes et généreuses résolutions. Dans chaque âme vertueuse il habite

Quel dieu? Nul ne le sait, mais il habite un dieu.[1]